Archives de Catégorie: Verbo Adjectiveuse

Conte: la naissance d’une petite étoile

La naissance d’une petite étoile est né d’une collaboration avec la dynamique et très débrouillarde Hélène Mc Koy de la Corporation d’animation des places publiques de Hochelaga-Maisonneuve, Petits Bonheurs, le talent de Zita et ma plume. Le souhait, créer, écrire et raconter aux petits et grands un conte d’hiver qui fait marcher 1km, ancré dans le bitume et notre patrimoine local.

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S’en saisir, juste là

Assis.e sur une roche,
dans le silence de la neige qui craque,
émanant de la chaleur du soleil timide qui se pose sur votre coude quand il se faufile par la seule fenêtre crédible de votre
3 et demi,
exalté.e, dans la musique et les rires,
écrapou.e, sous vos enfants et inondé.es de caresses, de poésie, de gestes doux
ou
juste là,
bien. pour rien.
dans le vif et la lumière,
la douleur, le vent qui arrache et l’absurde…

Gossés à notre image, le bonheur pis l’amour
Enivré.e à votre source, saoul.e de joie brute

ici.
maintenant.

Bien. Pour rien.

Non sans heurt,
plus je me pose et inspire
plus ils s’ancrent et me poussent du coeur.
Imparfaits, subtils et sur le souffle,
en construction, parfois fragiles, sur des bases lentes à ériger, je les expérimente,
découvre parfois sans bouger.

Je les laisse être & me prendre
pas toujours docile, indomptable même, fougueuse mais reconnaissante
Immatériels et intangibles.
Là.

J’apprends, m’y jette et m’y vautre.
Conquise, j’accueille et suis sans abdiquer, me trouve, m’assemble et m’habite.
Morceau par morceau.
Juste là.
Et
J’aime.
Immense. Gratis.
Et d’un swing aussi naturel que large, je déclame, la bouche en coeur en avalant le frimas:
que notre amour soit!
Grand, authentique, vagabond ou racine
sans raison
sans plan ni intention autre qu’aimer juste
et juste parce que.
Sans rancoeur, sans dentelle, sans certitude, ni filet.
Ici,
pour la suite pis la trace.
Aimons.

Crédit: Sage Rebelle photos

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promo: la naissance d’une petite étoile

Entrevue avec mes utopies, mes inspirations pour l’écriture de mon conte La naissance d’une petite étoile, produit par Hélène McKoy de la Corporation d’animation des places publiques, illustré par Zita Castongay.

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Gros comme un sanglier, j’te jure!

J’écris tendrement des phrases passives agressives pour un projet.
Inspirée de ma rocambolesque vie de dating, croulant sous du contenu digne d’un Cyrano saoul de série B, je focus sur mon coquet cahier ligné;
touttt ça plutôt que de cinquàsepter sur une terrasse frett en hochelagadie ou sur un toit sexy du vieux Montréal, quand j’entends, tout à coup, un gros KEKLOW!
Silence.

Suivi de kekekleukeklow plus ou moins acharnés, volontaires et rythmés. Un genre de break beat de vieux raver qui pensent bien bouger vers 8am après une grosse nuit en 2001.

Après anxieuses quêtes et validations auprès de mes voisin.es, question de savoir s’il ou elle ne se sont pas échappé les rotules sur l’prélart, je découvre la provenance du beat. 😳
JesusMarieJoseph!

dÉdans mon plancher.
Ou
dÉdans mon plafond.

Selon où, sur l’axe vertical de mon appart, on se trouve.

Un rat!
Un rat simonac!
Sous mes pieds ou au dessus de ma tête, qui, avec la vigueur d’un bébé sanglier, se tortille. Frénétique, il essaie de se sortir la tête d’une trappe qu’on a récemment posée, parce que monsieur, ou madame, scient et grignottent les 2 x 4 a’ec leurs p’tites dents de lait et empêche ma progéniture et mon sommeil de s’apaiser.

Prenant mon courage…
Hehehe! J’APPELLE MA VOISIIIINE!

Prérequis de la sélection : elle rit gentiment de ma détresse, a de l’expérience en campagne et un fils ben relax. (Chacun.es ses skills!)
Hilare, me suggérant une recette de tartare, elle tend un jogging à son fils en bobettes qui travaillait sagement, et m’envoie son héro qui traverse la cours pour « m’aider » à vaincre la bêêêête.

Solidaire as f*ck, pendant qu’il sort l’intrus du plafond et assomme le souffrant qui a la tête pognée dans la guillotine à rongeurs, je sors de la pièce et entreprends aussi naturellement que possible  de meumeumer un vieux succès de l’été de mes 11ans, touttt ça enfermée aux toilettes. Une rencontre pop-gore un brin douteuse entre ma tune et   l’assassinat du rat…

Fière de ma riche contribution, je laisse partir mon preux voisinage sous milles mercis et sans orgueil aucun, je lâche mon amertume pis ma poésie initiale, et me dis en chantonnant ma nostalgie,
C’est bon.
Je peux avoir 40ans.
I totaly own my shit. 😂🐀

P.s je vous souhaite pour vrai, des voisin.es comme les mien.nes et en cas, juste en cas, je vous laisse mon soundrack du courage

douadididididamdididou

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Aimer sans menace ni contrainte. S’aimer assez pour s’aimer deboutte

Je suis bisexuelle et polyamoureuse.
Dans mon début de vingtaine, je disais que j’aimais librement.
Sans petite case, sans égard pour le genre, ni contrainte.
Désormais, j’assume. Ma façon d’aimer a des noms qui lui ressemblent.

Une coche de plus coquine que la madam’ Coucou de Simon Boulerice 

Et,
Je l’écris
Par amour.
Avec amour.

Humblement, et avec ben des doutes sur la tribune que je prends pour dire, dans l’espoir, peut-être naïf, de contribuer, à échelle humaine, dans mon réseau, à ce qu’ensemble on s’approprie ces faits là comme le reste. Qu’ils deviennent génériques.

Qu’ils fassent partie de nous, partout, qu’ils cessent d’être marginaux, jugés, intimidés…

Qu’ils fassent partie des histoires qu’on lit à nos enfants, du paysage politique, de l’enseignement, de vos programmes à tivi et des possibles dans les conversations existentielles:

« maman est-ce que je peux aimer deux personnes en même temps? »
« oui mon bb! (sont-elles au courant?) »
« maman est-ce que c’est correct si mon amoureux cette semaine c’est Toto mais que j’aime encore embrasser Sasa? »
« oui mon bb!? »

Que ce soit aussi normal et générique que de s’aimer entre humain.es du même genre, à plusieurs que ce l’est de s’aimer en dyade ou entre hétéro.

Je l’écris.

Parce que je chéris la diversité et célèbre la couleur.
Toutes les couleurs.
Incluant désormais la mienne. À voix haute à presque 40ans…

Je l’écris,

Parce que mes enfants.

Dans l’espoir qu’ils auront espace, accueil, sérénité et sécurité pour aimer comme ils l’entendront, comme ils le sentiront. Aimer autrui et s’aimer eux-même.
Fiers. Confiants. Heureux.
Comme ils seront.

Mes enfants grandissent en sachant au quotidien que l’amour est inclusif et qu’il peut prendre plusieurs formes. Que d’aimer des deux bords et d’aimer multiples est sain quand c’est honnête et bienveillant. Que ce n’est pas par peur de l’engagement, ni parce qu’on est volage. Que ça se peut que ta famille séparée-recomposée ne possède pas les attributs de la famille de la princesse de Disney et de son prince quelconque…

Ils savent aussi,
que de s’habiller créativement, avec autant de paillettes et de tulles que ton coeur te le dicte en étant né garçon, mérite qu’on te sacre patience à la récré et qu’on salue ton audace en te laissant jouer au ballon comme tous les autres marmots de la tribu. Qu’une fille n’a pas à être délicate et qu’elle peut être plus forte que toi…

Les livres pour enfants, les films, notre manière de répondre à leur questions mettent de l’avant bien souvent une seule façon d’aimer. Un seul modèle de couple et d’humain.e…
On genre. On limite. On juge. On circonscrit et on transfère nos peurs dans l’éducation à nos enfants. (oui on fait de notre mieux aussi! Je sais ben! Et j’admire les coeurs ouverts!)

Quand on déroge à la norme, on grandit avec la certitude d’être incorrect, insuffisant…on se fait donner des conseils de ne pas nommer, pas dire, pas brusquer, pas oser, de se taire, de pas faire ni montrer et que ça doit être une phase.

Or, je ne veux plus de ce jugement, ni avoir peur, pour mes ami.es, pour mes enfants, pour moi. Aussi crochue soit la démarche.
J’aime, je nous aime deboutte.

Par amour, donc j’écris et rêve à mots bruyants que vous participiez à transformer la peur en possible et les murs de haine en tapisseries de fucking calinours!

Que ce soir en racontant une histoire, vous y ajoutiez de la couleur. Un peu. Que les barbies se matchent entre elles. Que les princesses gèrent elles même les dragons, que vous portiez une robe une fois avec votre garçon en public…

Et encore plus fou,
si vous entendez ou lisez un commentaire homophobe ou des propos de douche bag sur la différence (toutes les différences), que vous preniez position pour défendre le droit au respect pour chacun et la nécessité, la beauté de la diversité.

Que la bienveillance et l’amour gagnent.
Icitte et partout x

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L’invisible philanthrope, un géant chez les Hommes

Petit récit invisible, doux parmi les hommes :
Au metro Jarry durant la La guignolée des médias, un homme en situation d’itinérance s’avance vers l’une de nos bénévoles et lui tend son orange et un 0.25$ qu’il venait de recevoir en disant, « pour moué c’est important de partager ce que j’ai ! »

Monsieur, votre générosité sincère nous bouleverse mon équipe de la Société Saint Vincent de Paul et moi. Humble et brut. Sans témoin ni suite. Une main tendue vers l’autre dans l’espoir sincère de faire une différence à hauteur d’homme, que dis-je: de géant!

Pour moi, touttte ma job en philanthropie prend icitte son sens. 😭

#Ensemble
#TousPhilanthropes y’a pas de petits dons et on peut TOUS faire une différence
❤💚

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Maman

Il n’y a pas de moments plus fébriles, intenses, douloureux, affolants, mémorables, joyeux, euphoriques, et confus que celui où tu donnes la vie…

Un amalgame de feeling paradoxaux qui te prend le corps et te soumet…

Sauf Peut-être …

Les 579 987 autres moments passés avec ces magnifiques recrues..

Ces moments nouveaux quand tu as le bébé fragile, l’amour maladroit, l’oeil creux et le toupet ébouriffé, à essayer d’allaiter un goulu hurleur,

Ces moments passés à éduquer, une petite brute à la face parfaite, que les jokes-de-pet-c’est-juste-à-la-maison, à rattraper le p’tit qui s’élance dans l’escalier face première, à grandir aussi avec eux à chaque centimètre qu’ils ajoutent, à te lever cinq fois la nuit pour remettre un suce ou servir de doudou, pleurer d’inquiétude sur un souffle court, des boutons douteux, des services manquants.

Ces moments semi-louches à réécouter des épisodes du Village de Nathalie en cueillant les coeurs de pommes fossilisés, cachés derrière le fauteuil rempli de miettes ou à répondre à des questions:  »Comment on fait les bébés? Pourquoi mon frère est autiste? » en roulant des boulettes qui brûleront…

À courir des spécialistes comme on court derrière le premier tour de petit vélo instable, à applaudir les chansons en  »anglais » ou à couiner de fierté sur les premiers mots partagés au souper par ton frisé non verbal, à afficher des peintures abstraites colorées pour cacher ces oeuvres spontanées créées au bic ou au vernis rose su’l mur blanc de la cuisine,

À faire des crêpes en forme-de-forme et de la musique de café pour faire sourire un matin gris ou faire oublier une scratche sur la joue, à inventer des parcours de urbain jumping et à soulever des vraies montagnes imaginaires, Et tous ces moments, les fesses suspendues dans le vide, étendue dans le petit lit, à lire les mêmes histoires à un curieux émerveillé jusqu’à 21h.. qui s’endort au milieu d’une phrase en retenant ton corps tordu de son petit bras doux.

Il n’y a pas de moments plus fébriles, intenses, douloureux, affolants, mémorables, joyeux, étranges, heureux, confus et paradoxaux que celui où tu donnes, chéris, construis, confrontes, aimes, apprends, apprivoises, vis la vie avec ces humains vibrants, immenses et all in…

Créer des enfants c’est aimer à trembler, aimer à pardonner cent fois, aimer à s’oublier, aimer dans le chaos, à faire taire son ego et à inventer des possibles, aimer à apprivoiser la haine…le plus joli comme le plus sombre de soi et des autres…

À  toutes les mamans qui assurent en isti…

À celles qui assurent seules.

A toutes ces mamans qui se séparent de leurs utopies la moitié du temps…qui regardent les petits lits vides laissés en bataille le vendredi en serrant les p’tits pyj mous qui sentent le sucre…

À toutes celles qui n’auront p’tête pas de gratitude avant vingt ans ;),
À toi, belle amie qui refuse des répits pour aimer ton enfant handicapée de proche, un maximum de jour de sa vie,
À toi qui te tient drette quand les mousses partent récolter des câlins dans leur autre maison, quand ton ado te bullshit en te lâchant un rapide salut qui sent l’alcool, toi qui pense avoir un déficit d’attention à ramasser trop de bébelles jaunes…
À toi qui PILIER. ARBRE et MONTAGNE.

À toutes les mamans qui entrent sur la pointe des pieds la nuit pour un dernier bisou au cas où et pour la route, à toutes celles qui scrapent des sandwich pour en faire des coeurs en février, qui font des gâteaux laids ou des cupcake parfaits pour faire sourire une marmaille-fougue, à toutes celles qui embrassent les failles, les crises, les bobos avec une douceur qui n’existe que pour eux…

À ma maman qui me tient encore si souvent.
Qui aime mes fils comme eux aiment le chocolat!
Qui, au début de mon rôle de mère, me complexait tant je me disais que je ne ferais jamais aussi bien qu’elle…
À ma maman qui m’aime avec mes traits croches, mes élans imprévisibles, mes phrases sans ponctuation, ma lumière et toutes ces colères que je transforme en projets dans lesquels elle s’implique…
À maman, qui m’écoute, m’encourage, souffle sur mes blessures, qui me flatte encore les cheveux, ,m’invente des fêtes et des talents.

xx
Merci

À toi,
À nous
xx

 

 

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Acouphène

Parfois, on s’assoit là, le regard tourné vers le dedans.
La moue pas socialement acceptable.

Critique.

Grise comme l’hiver qui pleure du verglas sur nos -22.

Pendant un moment, un matin, on cumule, plus enthousiaste du tout.

Le corps trop petit pour contenir toute l’énergie.
Le coeur avec une acouphène,
Le contact entre les possibles, le rêve et l’état actuel des choses fragilisé par l’absence, les injustices, par la haine, par le bruit, le faux, le vil gratis.

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PIZZA & CONSENTEMENT

 

Au retour d’une fête faste et bubbly, je rentre au bercail, éméchée joliment et affamée.

En traversant l’un des très peu respectés passages piétonniers de la rue St-Laurent, je vois dans mon angle mou, l’une de nos nombreuses institutions de pizza à croûte cheap.

J’analyse mes options de foie gras dans des choux de Bruxelles ou de poutine livrée chaude à domicile.

… 

hum

Nulles

Je fonce donc sur la pizzéria, déterminée à me gaver comme un nourrisson sur sa première têtée.

Un troupeau de mecs occupe le lobby crasse, (ils squattent la fucking porte).

D’autres types épars, semi cachés dans leur tuques sales, gisent le long du mur en louchant.

J’ai la sensation de pénétrer un club privé version glauque…

En entrant, je lâche un salut d’aisance, comme si le monsieur tanné qui garroche les pointes au four était mon oncle! C’t’un truc, exagérer me donne de la contenance pis fuck, je veux juste une pizz. 

Fait qu’un coup le hall alpha traversé, 

Je m’avance au comptoir et attends ma pizza comme un chasseur son chevreuil. Drette, focus, silencieuse et confiante.

Au moment de quitter le site bucolique avec mon butin de pointes, le troupeau du portail, amorce la « conversation ».

– Eh! Salut! T’es belle!

– Merci!

– Veux-tu m’embrasser? (Let’s not waist time man! Drette au but! Que je me dis)

– Peux pas, j’ai la bouche pleine!

– Envoueille, j’ai toujours rêver de coucher avec une cougar »  (SIC!)

– C’est cute…

En 4 phrases, on passe d’inconnus à livre ouvert.

En 4 phrases on passe de salut à tout nu!

Je souris de sa délicatesse.

V’là un convaincant qui exprime son potentiel avec verve et attrait…

Encore de bonne humeur, un brin coquine certes, je ne me formalise pas de l’approche sans préliminaire et lui lance en riant; 

– Dommage! J’en connais pas! de cougar J’espère que tu vas t’en trouver une! Bonne nuit! »

Puis, je poursuis ma route.

Alors que je tourne le coin pour emprunter une transversale plus calme, il me crie; je veux un bisoooooou et reste, heureusement, tranquillement en position de vigie, en mode grégaire dans le temple du pépéroni.

Je continue donc guillerette ma trotte, presque soulagée, quand apparaît à mes côtés l’ami ivre de mon Rimbaud de la Maine.

– Quoi! Ça va finir comme ça!? Il veut juste un bisou!

– Non! Bonne nuit.

J’avance.
Il me suit.

 

– Eh! C’est quoi un bisou!? C’est rien pour toi un bisou! Quoi? Il est pas de ton goût! On est beaux non? Ça te tente pas un jeune? J’étudie en économie et lui en droit! Allez! À moi! Fais-moi un bisou à moi! Je vais lui rapporter! »

– Non!

Il insiste. J’avance. Il me suit. 

– Demain, je lui réponds, quand je serai en mode intervention. Je vous ferai un bisou!

– Quoi tu es dans la police?

– I wish. Mais non, je travaille en garderie. Ce soir, je suis en congé, je ne m’occupe pas des enfants des autres!

– Quoi!? 

Oh! Ok! Tu ne veux pas! Donne-le à moi! Donne-le ici le bisou. Fais-le ici! Ouais c’est ça! Yo! T’es une salope!

4minutes. 2 pointes. 150 caractères. 1 coin de rue. 

Eh hop! On s’égare en égo, en intensité pis en insultes. 

De dream babe à bitch. 

À l’écouter je lui dois quelque chose…

Je suis à mi-chemin.

Fuite rapide? Secours? 

Que Nenni…
Seule sur une rue sombre avec le galant

Pleine de patience et peu confiante en mes kata, je m’arrête.

Je regarde le kid aviné dans les yeux.

Entk j’essaie de lui pogner le flou du regard…

Je ne le trouve ni drôle ni mignon. Il me gosse et commence à troubler ma quiétude. 

Mon arrêt sur image le déstabilise.

A défaut de mieux, pour passer le deux cent mètres qui reste, je me donne la mission d’éducation. 

Je lui demande alors, sévère comme une mère, calme et ferme en me retenant  de lui sucer un oeil ou de le frapper à coup de pointes, s’il sait ce que veut dire le consentement.

S’il a l’âge de changer lui même sa couche ou s’il faut que j’appelle sa maman pour qu’elle l’éduque et le ramène à la maison! S’il sait que ce qu’il fait est du harcèlement et s’il se rend compte que sa technique ne peut lui attirer que  plus de claques que de pipes.

Arrivée à destination, je monte l’escalier, soulagée de mettre fin à cette brève et désagréable échauffourée. Je cherche mes clés dans ma trop grosse sacoche. Je sonne chez mon amour endormi.

L’aviné morron, persiste et du bas de l’escalier, trainant sa blessure narcissique plus lourdement que moi qui essaie de lever un piano, au moment où je passe la porte, se met à crier, avec ardeur et romantisme: je vas te faire la passe, tout ça combiné à une incantation de gars saoul, puis dans une grande finale désenchantée, me rappelle: le karmaaaa te rattraperaaaa…

En 4 minutes, 2 coins. 2 pointes. Tout est devenu frett. 

la joke  grotesque et son attitude creepy.

Même si je suis à l’aise avec les edges, même si j’ai de la répartie et assez confiance pour éduquer à 03h du matin ou hurler des insanités à qui de droit en frappant sur un hood de char avec des tites ailes d’ange accrochées au dos ou en bûchant avec humour sur l’estime des jeunes fringants qui pensent qu’une formation en économie pis un pénis c’est assez pour que tu cours tunue vers lui en jouissant plus fort qu’une tortue qui zigne sur une chaussure, 

rendue sur le tapis de l’entrée de mon amour, qui ne comprenait rien à ma colère, en shakant comme une octogénaire su’l speed, l’appétit coupé avec la voix qui craque, 

j’ai encore ressentie cette putain de vulnérabilité. 

Et l’asti de peur. 

Celle qui te fait marcher, depuis tes 15ans, les mains sur tes clés avec l’assurance d’un bulldozer alors quand dedans tu feel peanut. Celle qui te fait hurler, quand un graineur arrogant te supplie de le sucer ou te suis en char en t’insultant, plutôt que pleurer, de figer parce qui parait que « dont dip in crazy » c’est l’truc. 

Avec les pointes tordues, dégrisée et agitée, je suis rentrée. En feelant mes quinze ans et toutes les filles qui n’y vont pas tuseule la nuit manger de pizz… 

Je suis rentrée deboutte avec la certitude qu’il faille, entre 8 et 21 ans, parler de manière explicite, en amont des fêtes pis des flirts, de relations saines, de consentement, de sexe pis d’approche digne sans dick pic. 

Parce que de remettre les prédateurs douteux à leur place, au bas de la chaîne alimentaire n’est pas toujours facile et s’en débarasser encore moins, il faut prévenir.

En attendant, que les hyènes dans les hall alpha se ferment la yueule, se ramassent le vice afin qu’on puisse circuler guillerettes et libres en souriant sans se soucier de devoir les gérer, 

je compte sur vous qui éduquez des garçons pour en faire autre chose que des bêtes affamées et pathétiques. Je compte sur pour que les hommes soient charme et alliés. 

Je compte sur vous pour rappeler à vos filles qu’elles n’ont pas à satisfaire un morron sur la maine ni un mononc aux mains longues et que c’est ok de leur en sacrer une, de faire des frette pis des malaises.

En attendant que ça passe, je compte sur nous pour que ça change. Parce que la pizz c’est meilleur chaud même à 3h du matin…

 
 
 
 
 
 
screen-shot-2016-12-22-at-6-50-37-pm
 



Vidéo de catcall parodie, de Junkin Media ici,
En espérant que le consentement soit un jour, ou peut-être une nuit, le plus sérieusement du monde, autre chose qu’un # populaire et que le harcèlement de rue soit considéré comme un fléau qui existe pour vrai, qu’on peut enrayer, ensemble. 

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Savoir accueillir…

Dans la nuit du 17 juillet, un grand jeune homme mince, furtif et délicat est entré chez moi par effraction. (encore!)

No VIP pass. No invitation. No password! No nada.

Les chambres de mes petites utopies étaient vidées de leur contenu, entreposé dans la mienne pour cause de « peinture rose-fraiche et peinture turquoise-rafraîchie ».

Mon matelas était donc posé à l’étage pour la semaine de rénovation infantile. Parmi l’amas de touttt ce qui débordait, je somnolais comme un bébé allaité quand, vers 03h30, on entra dans mon salon (en fait, l’intrus a presque posé un pied sur le jarret de mon monsieur tant le matelas fusionnait avec la porte!).

Heureusement pour bibi, notre présence a compromis son enthousiasme et il est passé par dessus le mur de béton dans une enjambée olympique; le temps que mon coeur fasse un peu d’arythmie, assez pour me booster d’adrénaline pour les semaines à venir. 

Ainsi, depuis plus d’une semaine, malgré le fait que je sache rationnellement que ce n’est pas plus dangereux maintenant qu’il y a un mois, je dors avec un oeil ouvert. Je veille comme une maman ours, barreaux aux fenêtres, batte de baseball et cell à la main.
Prête à fesser comme une furie sur quelconque aléatoire intrusif.

Quand la ligne imaginaire de notre sécurité est transgressée, on a l’instinct furex et le territoire irritable. Faut donc pas chercher le trouble…

Hier, donc, soit 10 jours plus tard, je m’endormais tardivement, quand vers 01h15, j’entends la «pile de bruits», que j’ai placée devant ma porte d’entrée, faire une translation grinçante sur la céramique…

En termes clairs: «Ciboire! Quelqu’un ouvre ma fucking porte!»

Myope. Prompte. Maternelle. En apnée ET affolée, je bondis sur mon kit de wanna be walkirie d’Hochelag et monte mon escalier vers la source du bruit deux marches à la fois en hurlant aouiiiioooooh! Prête à je ne sais pas quoi comme kata louche…

Après une série de cris s’apparentant à une ambulance, l’intrus dit, avec un accent plutôt sexy, une voix rassurante et les mains en l’air: « Annick! Mais Annick! »

Je lui lance mon cell (zéro menaçant!) et me jette dessus.

Monsieur!?
Mon monsieur!!

Mon monsieur était débarqué en surprise! Sans préavis.

J’ai donc perdu 2lbs de stress, testé mes réflexes primitifs et confirmé qu’en cas de face à face avec un loup, ce n’est pas mon Boudha-intérieur qui prend le contrôle…

Ainsi, ce matin, fils II m’a demandé avec un air troublé: pourquoi j’avais crié comme une ambulance durant la nuit et si j’avais assommé un voleur…

Question d’arriver à dormir et pour éviter que mon monsieur ou une amie qui a les clés se retrouvent la face en sang, je pose une alarme et reprends la méditation…

Toutefois, si vous croisez le furtif du village, suggérez-lui gentiment qu’il cogne avant d’entrer chez nous et qu’il amène de la bière…pas sûre qu’il veut rencontrer mon personnage nocturne de mère affolée…

#HotMess
#DorsBBMomanVeille

namasté caliss

Cette oeuvre hilarante est créée par l’artiste:  Ana Roy

 

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