Archives de Catégorie: Anecdotes

Kabukichō

Kabukichō est l’un des rares quartiers chaotiques de Tokyo. Bruyant. Coloré. Loud. Imparfait. Sale.
L’ado délinquant dans la ville parent parfait…

l’un de mes préférés 🖤

son nom vient d’un projet de théâtre kabuki qui n’a jamais été construit.
basta ce quartier ne manque de rien anéwé

désormais reconnu comme étant le hot spot de Tokyo avec ses love hotel, strip club, une rue consacrée au show casing des femmes qui vendent leur attributs et services sxu* et beaucoup de lieux cozplay semi clairs sur l’âge des personnes embauchées…et beaucoup de bars pour jouer au dards (damn… it’s a thing there!)

il y a dans ce hood, une petite rue – don’t underestimate le « petit » à Tokyo – qui, quand découverte, révèle une panoplie PHÉNOMÈNALE de bars miniatures empilés les uns sur les autres : le GOLDEN GAI.

de la taille d’une cuisine d’un p’tit 3 et demi sul plateau, chaque bar contient au plus fou de la fête 10 humain•es mais légalement hum…6 personnes, en pile, qui fument…

la coutume veut que tu jases à tout le monde en entrant, en te gérant pour ne pas avoir l’air ivrogne, fasses du bar hoping pour permettre à toustes de profiter du fun et que tu paies un cover charge d’environ 1000 yen aka 10 piasses…

nous avons adopté hum la moitié des règles… devinez lesquelles 😁

dans le bar de Jun, où j’étais assise su’ des bouteilles, Et neh ce n’est pas une métaphore!
en 11 min on était chummy avec tout le monde, ma petite laine prenait le bord et à tour de rôle, chaque pays payait des tournées de sake en chantant des tunes…

pauvre barman…en 37 minutes il voyait flou

plus la soirée passait plus notre Jun chantait fort de vieux hit rock cheez des années 90-2000. Jusqu’à ce que soudainement il hurle, en anglo-nipon – il y a, je confirme, une langue universelle du vomi – « je vais être malade! »

dans la seconde qui suivait, il re-crachait toutes ses toxines à un pied de ma pinte, drett dans son lavabo de service… juste avant d’enfiler, avec classe et deni, 1 autre shot de sake et de changer la chanson pour iin classique d ‘Avril Lavigne.

mis à part quelques defis mathématiques de la très approximative facture de nos consommations et
bien que les femmes soient encore davantage coincées dans des dynamiques patriarcales contraignantes et qu’il soit bien mal vu d’argumenter ou de dire non – mot qui n’existe pas dans les conventions langagières – on ne s’est pas gênées pour débattre avec sourire et fermeté autant que nécessaire avec notre hôte qui a fini par s’excuser de nous avoir chargé 10 shooter et 3 bières de trop…

sans rancune tho. dans la fougue et les excès qui s’attend à parfait…

évidemment parfois dans nos errances et voyages, la comparaison nous pogne au ventre et on se demande pourquoi ne pas s’inspirer davantage de ce que chacun•e fait de bien…


c’est fou comme on a beaucoup de pieds carrés pour chaque humain•e et commerces, souvent vides ici vs la quantité de personnes en situation d’itinérance,

notre usage de l’espace gagnerait à être repensé en s’inspirant de villes efficaces comme Tokyo (tout comme la sécurité, l’urbanisme, la propreté et le transport! Cette mégacité assure et innove nettement en ce sens et malgré la quantité folle de gens qui y vivent et circulent, c’est la 2e ville la plus sécuritaire au monde!).


être curieux•ses sans être creep de son voisin•e de siège est nettement plus chaleureux humainement que de se chercher des potes sur des appli et la conversation minimale comme règle de bienséance dans un bar me charme…


finalement, j’en conviens notre loi non fumeur est une bénédiction
Et NON devrait être universel et respecté partout…

mais t’sais…
tout aimée. tout pardonnée. te jure

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Sumo-poulet

« eh Annick sumo poulet ça te tente tu? » says no one ever sauf Martine! 😂

Spoiler alert : j’ai toujours tripé sur la lutte. J’étais petite et c’était ben le seul sport-théâtre que j’appréciais regarder avec mon père à la télé! (Eh! Il regardait même les dards! Juste y penser je m’endors encore et je préfère nettement regarder mes speaker jouer!)

Focus.

So, on a fini dans un dojo animé par Guy, le yobidashi et arbitre, un homme né à L.A absolument sympathique, un brin caricatural, complètement bilingue japonais-anglais amoureux fini de ce sport brutal et protocolaire. Selon la légende, on dit que cette forme de lutte était un entraînement militaire rigoureux devenu une danse rituelle pour célébrer les divinités shintoïstes dans les temples puis un sport/divertissement. La codification et les règles dateraient du 17e siècle… ça fait un bail ça mon Joe…

Bref, au Asakusa sumo club, Guy embauche des sumo en fin de carrière ou retraités de la compétition.

D’ailleurs, l’un d’entre eux, sumo de père en fils, allait bientôt vivre sa cérémonie danpatsu-shiki (adieu athlétique) en coupant son chignon. 25 ans de cheveux en buns lissés à l’huile et de lutte en mawashi (la couche-string portée par les sumo)

Le vibe autour du ring d’argile est absolument joviale, un brin didactique et bon enfant. Meuttons que la clientèle cible est néophyte et internationale (genre nous!) et que ça finit avec des combats contre des sumo-clients-vêtus-de-one-piece-peu-élégants.

Bien que mon idée initiale était d’aller sur le ring en finale et en bobette (il m’aurait sortie par une pichenotte j’en conviens!) j’ai choisi de me gaver de poulet frit (selon la croyance, manger du poulet aide les sumo à rester sur leurs pattes! J’ai honoré) et de continuer à hurler de rire! (Ils étaient comme 13 dudes à vouloir affronter les p’tits pan de murs! J’ai laissé leur orgueil shiner)

Pour vrai. Je pense que j’aime touttte au Japon, ville ostentatoire aux contrastes grandioses entre les polarités de la ville, la culture et l’humilité de son peuple et des traditions…

P.s on a fait une photo absolument ridicule avec le crew en finale. Si t’es smath. Je t’enverrai p’tête ça en carte de Nowelll…😂

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P’tite prière du lundi :

À lire avec douceur et félicité…

Oooh toi majesté des maths et autres divinités rushantes des saintes fichues fractions et priorités d’opérations du calisse!

Je voudrais te dire que les maths de 6e année, j’ai touttt fait pour ne jamais avoir à les refaire deux fois. J’ai réussi simonacos de trinité du yab’ et j’avais sagement plus ou moins touttte oublié au profit de plein plein de tune pop apprises par coeur et stockées dans ma mémoire SANS chiffre… AUCUN! AUCUN CHIFFRE tu COMPRENDS?!

Ça allait ben dans mon déni…

Mais, j’ai oublié qu’en enfantant on était devant nos failles en isti! En plus, d’être sans prof et toute en autonomie devant l’arrogance du cahier frippé comme une centenaire qui décongèle, refaire le problème 33 fois avec patience et passion est aussi facile que de bouffer un san’wich aux clous tabarnachenik!

L’humain.e aux yeux de biche qui te supplie de trouver l’astifie de réponse de cul à sa devinette à trois parenthèses, à 18h avec le souper à broil et une tune de Céline latente sur le bord de la bouche du plus vieux qui s’accroche à son micro comme une infirmière à la promesse de ses vacances après 7ans d’heures supplémentaires, me fais sentir comme si, vraiment, toué la déesse des maths t’étais la plus vilaines des p’tites rancunières amères qui finissent TOUJOURS par nous r’trouver dans le détour.

Si je te pogne sainte gossante de la division, je te remplace en isti par des cours de langue, de citoyenneté numérique ou de socio-philo!

M’en r’tourne vieillir prématurément.

Signé. Moué pis mes skill attachants mais mathématiquement limités

Amen. Bout de viarge.

Sa majesté des maths…

promo: la naissance d’une petite étoile

Entrevue avec mes utopies, mes inspirations pour l’écriture de mon conte La naissance d’une petite étoile, produit par Hélène McKoy de la Corporation d’animation des places publiques, illustré par Zita Castongay.

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Gros comme un sanglier, j’te jure!

J’écris tendrement des phrases passives agressives pour un projet.
Inspirée de ma rocambolesque vie de dating, croulant sous du contenu digne d’un Cyrano saoul de série B, je focus sur mon coquet cahier ligné;
touttt ça plutôt que de cinquàsepter sur une terrasse frett en hochelagadie ou sur un toit sexy du vieux Montréal, quand j’entends, tout à coup, un gros KEKLOW!
Silence.

Suivi de kekekleukeklow plus ou moins acharnés, volontaires et rythmés. Un genre de break beat de vieux raver qui pensent bien bouger vers 8am après une grosse nuit en 2001.

Après anxieuses quêtes et validations auprès de mes voisin.es, question de savoir s’il ou elle ne se sont pas échappé les rotules sur l’prélart, je découvre la provenance du beat. 😳
JesusMarieJoseph!

dÉdans mon plancher.
Ou
dÉdans mon plafond.

Selon où, sur l’axe vertical de mon appart, on se trouve.

Un rat!
Un rat simonac!
Sous mes pieds ou au dessus de ma tête, qui, avec la vigueur d’un bébé sanglier, se tortille. Frénétique, il essaie de se sortir la tête d’une trappe qu’on a récemment posée, parce que monsieur, ou madame, scient et grignottent les 2 x 4 a’ec leurs p’tites dents de lait et empêche ma progéniture et mon sommeil de s’apaiser.

Prenant mon courage…
Hehehe! J’APPELLE MA VOISIIIINE!

Prérequis de la sélection : elle rit gentiment de ma détresse, a de l’expérience en campagne et un fils ben relax. (Chacun.es ses skills!)
Hilare, me suggérant une recette de tartare, elle tend un jogging à son fils en bobettes qui travaillait sagement, et m’envoie son héro qui traverse la cours pour « m’aider » à vaincre la bêêêête.

Solidaire as f*ck, pendant qu’il sort l’intrus du plafond et assomme le souffrant qui a la tête pognée dans la guillotine à rongeurs, je sors de la pièce et entreprends aussi naturellement que possible  de meumeumer un vieux succès de l’été de mes 11ans, touttt ça enfermée aux toilettes. Une rencontre pop-gore un brin douteuse entre ma tune et   l’assassinat du rat…

Fière de ma riche contribution, je laisse partir mon preux voisinage sous milles mercis et sans orgueil aucun, je lâche mon amertume pis ma poésie initiale, et me dis en chantonnant ma nostalgie,
C’est bon.
Je peux avoir 40ans.
I totaly own my shit. 😂🐀

P.s je vous souhaite pour vrai, des voisin.es comme les mien.nes et en cas, juste en cas, je vous laisse mon soundrack du courage

douadididididamdididou

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L’invisible philanthrope, un géant chez les Hommes

Petit récit invisible, doux parmi les hommes :
Au metro Jarry durant la La guignolée des médias, un homme en situation d’itinérance s’avance vers l’une de nos bénévoles et lui tend son orange et un 0.25$ qu’il venait de recevoir en disant, « pour moué c’est important de partager ce que j’ai ! »

Monsieur, votre générosité sincère nous bouleverse mon équipe de la Société Saint Vincent de Paul et moi. Humble et brut. Sans témoin ni suite. Une main tendue vers l’autre dans l’espoir sincère de faire une différence à hauteur d’homme, que dis-je: de géant!

Pour moi, touttte ma job en philanthropie prend icitte son sens. 😭

#Ensemble
#TousPhilanthropes y’a pas de petits dons et on peut TOUS faire une différence
❤💚

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LES PASSIONS COMME MOTEUR D’APPRENTISSAGES

29060976_10156104486963830_2282375047584175025_o1.jpgFils I a un rêve : organiser une grande fête dans le gym de son école.

Depuis 2016, la réponse était non ou enfin c’est compliqué.
Ainsi, l’an passé, grâce au très généreux et talentueux DJ Frank, les profs des classes d’enfants autistes et quelques magnifiques alliées bénévoles, j’ai, avec mon fils, organisé une fête sensorielle dans sa classe.

Or, cette année, la directrice et l’OPP ont accepté de relever le défi et d’organiser la fête avec nous!

En avril, à l’école SF, aura donc lieu la grande fête en bleue pour célébrer la neurodiversité. Ouiiiiooouh!

Mon oiseau, enthousiaste et joyeux a fait preuve de beaucoup de persévérance et ne porte plus à terre! 

En restant attentif, on se rend vite compte que cette joie, qui peut s’apparenter à une obsession qu’on voudrait faire taire si on lui donne une biais négatif, est absolument porteuse!

En effet, mon frisé n’a jamais été, jusqu’à récemment, motivé à écrire et apprendre les sons est ardu.

Toutefois, en décembre dernier, alors qu’il insistait pour organiser un bal, j’ai utilisé cette fixation pour l’encourager à écrire avec le IPAD et compter. Chaque jour de décembre, il demandait à écrire.

Ainsi, lorsque j’ai eu la confirmation de la Fête en Bleu de SF, je lui ai partagé ma joie et ma fierté de voir son idée se réaliser. Il a alors déversé une myriade de questions en battant des ailes. Plutôt que de l’empêcher de le faire chaque fois qu’il le sent, c’est-à-dire environ 9 fois par jour, je lui ai suggéré des moments pour parler de la fête et lui ai proposé d’écrire avec lui toutes ses idées.

Eh ben! Qui sera surpris de lire que quand ça part du coeur et fait du sens, ça motive les troupes?

Cette grande fête en bleu est une immense motivation pour lui! Désormais, chaque matin et chaque soir, il me demande d’écrire et d’épeler des mots! En plus de le motiver à réaliser un défi majeur, ça canalise toute son excitation et satisfait son désir de parler de cet événement tant attendu!

Un jour on se regardera au passé, jugeant de la structure de pensée autistique, et on se dira, sti, m’semble que c’est juste logique: Les passions sont moteur d’apprentissages!

Ps. À ceux qui doutent des bénéfices de l’inclusion, vous trouverez sûrement votre mois d’avril plus terne que tous les enfants des écoles qui célèbrent la différence.

 

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Maman

Il n’y a pas de moments plus fébriles, intenses, douloureux, affolants, mémorables, joyeux, euphoriques, et confus que celui où tu donnes la vie…

Un amalgame de feeling paradoxaux qui te prend le corps et te soumet…

Sauf Peut-être …

Les 579 987 autres moments passés avec ces magnifiques recrues..

Ces moments nouveaux quand tu as le bébé fragile, l’amour maladroit, l’oeil creux et le toupet ébouriffé, à essayer d’allaiter un goulu hurleur,

Ces moments passés à éduquer, une petite brute à la face parfaite, que les jokes-de-pet-c’est-juste-à-la-maison, à rattraper le p’tit qui s’élance dans l’escalier face première, à grandir aussi avec eux à chaque centimètre qu’ils ajoutent, à te lever cinq fois la nuit pour remettre un suce ou servir de doudou, pleurer d’inquiétude sur un souffle court, des boutons douteux, des services manquants.

Ces moments semi-louches à réécouter des épisodes du Village de Nathalie en cueillant les coeurs de pommes fossilisés, cachés derrière le fauteuil rempli de miettes ou à répondre à des questions:  »Comment on fait les bébés? Pourquoi mon frère est autiste? » en roulant des boulettes qui brûleront…

À courir des spécialistes comme on court derrière le premier tour de petit vélo instable, à applaudir les chansons en  »anglais » ou à couiner de fierté sur les premiers mots partagés au souper par ton frisé non verbal, à afficher des peintures abstraites colorées pour cacher ces oeuvres spontanées créées au bic ou au vernis rose su’l mur blanc de la cuisine,

À faire des crêpes en forme-de-forme et de la musique de café pour faire sourire un matin gris ou faire oublier une scratche sur la joue, à inventer des parcours de urbain jumping et à soulever des vraies montagnes imaginaires, Et tous ces moments, les fesses suspendues dans le vide, étendue dans le petit lit, à lire les mêmes histoires à un curieux émerveillé jusqu’à 21h.. qui s’endort au milieu d’une phrase en retenant ton corps tordu de son petit bras doux.

Il n’y a pas de moments plus fébriles, intenses, douloureux, affolants, mémorables, joyeux, étranges, heureux, confus et paradoxaux que celui où tu donnes, chéris, construis, confrontes, aimes, apprends, apprivoises, vis la vie avec ces humains vibrants, immenses et all in…

Créer des enfants c’est aimer à trembler, aimer à pardonner cent fois, aimer à s’oublier, aimer dans le chaos, à faire taire son ego et à inventer des possibles, aimer à apprivoiser la haine…le plus joli comme le plus sombre de soi et des autres…

À  toutes les mamans qui assurent en isti…

À celles qui assurent seules.

A toutes ces mamans qui se séparent de leurs utopies la moitié du temps…qui regardent les petits lits vides laissés en bataille le vendredi en serrant les p’tits pyj mous qui sentent le sucre…

À toutes celles qui n’auront p’tête pas de gratitude avant vingt ans ;),
À toi, belle amie qui refuse des répits pour aimer ton enfant handicapée de proche, un maximum de jour de sa vie,
À toi qui te tient drette quand les mousses partent récolter des câlins dans leur autre maison, quand ton ado te bullshit en te lâchant un rapide salut qui sent l’alcool, toi qui pense avoir un déficit d’attention à ramasser trop de bébelles jaunes…
À toi qui PILIER. ARBRE et MONTAGNE.

À toutes les mamans qui entrent sur la pointe des pieds la nuit pour un dernier bisou au cas où et pour la route, à toutes celles qui scrapent des sandwich pour en faire des coeurs en février, qui font des gâteaux laids ou des cupcake parfaits pour faire sourire une marmaille-fougue, à toutes celles qui embrassent les failles, les crises, les bobos avec une douceur qui n’existe que pour eux…

À ma maman qui me tient encore si souvent.
Qui aime mes fils comme eux aiment le chocolat!
Qui, au début de mon rôle de mère, me complexait tant je me disais que je ne ferais jamais aussi bien qu’elle…
À ma maman qui m’aime avec mes traits croches, mes élans imprévisibles, mes phrases sans ponctuation, ma lumière et toutes ces colères que je transforme en projets dans lesquels elle s’implique…
À maman, qui m’écoute, m’encourage, souffle sur mes blessures, qui me flatte encore les cheveux, ,m’invente des fêtes et des talents.

xx
Merci

À toi,
À nous
xx

 

 

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PIZZA & CONSENTEMENT

 

Au retour d’une fête faste et bubbly, je rentre au bercail, éméchée joliment et affamée.

En traversant l’un des très peu respectés passages piétonniers de la rue St-Laurent, je vois dans mon angle mou, l’une de nos nombreuses institutions de pizza à croûte cheap.

J’analyse mes options de foie gras dans des choux de Bruxelles ou de poutine livrée chaude à domicile.

… 

hum

Nulles

Je fonce donc sur la pizzéria, déterminée à me gaver comme un nourrisson sur sa première têtée.

Un troupeau de mecs occupe le lobby crasse, (ils squattent la fucking porte).

D’autres types épars, semi cachés dans leur tuques sales, gisent le long du mur en louchant.

J’ai la sensation de pénétrer un club privé version glauque…

En entrant, je lâche un salut d’aisance, comme si le monsieur tanné qui garroche les pointes au four était mon oncle! C’t’un truc, exagérer me donne de la contenance pis fuck, je veux juste une pizz. 

Fait qu’un coup le hall alpha traversé, 

Je m’avance au comptoir et attends ma pizza comme un chasseur son chevreuil. Drette, focus, silencieuse et confiante.

Au moment de quitter le site bucolique avec mon butin de pointes, le troupeau du portail, amorce la « conversation ».

– Eh! Salut! T’es belle!

– Merci!

– Veux-tu m’embrasser? (Let’s not waist time man! Drette au but! Que je me dis)

– Peux pas, j’ai la bouche pleine!

– Envoueille, j’ai toujours rêver de coucher avec une cougar »  (SIC!)

– C’est cute…

En 4 phrases, on passe d’inconnus à livre ouvert.

En 4 phrases on passe de salut à tout nu!

Je souris de sa délicatesse.

V’là un convaincant qui exprime son potentiel avec verve et attrait…

Encore de bonne humeur, un brin coquine certes, je ne me formalise pas de l’approche sans préliminaire et lui lance en riant; 

– Dommage! J’en connais pas! de cougar J’espère que tu vas t’en trouver une! Bonne nuit! »

Puis, je poursuis ma route.

Alors que je tourne le coin pour emprunter une transversale plus calme, il me crie; je veux un bisoooooou et reste, heureusement, tranquillement en position de vigie, en mode grégaire dans le temple du pépéroni.

Je continue donc guillerette ma trotte, presque soulagée, quand apparaît à mes côtés l’ami ivre de mon Rimbaud de la Maine.

– Quoi! Ça va finir comme ça!? Il veut juste un bisou!

– Non! Bonne nuit.

J’avance.
Il me suit.

 

– Eh! C’est quoi un bisou!? C’est rien pour toi un bisou! Quoi? Il est pas de ton goût! On est beaux non? Ça te tente pas un jeune? J’étudie en économie et lui en droit! Allez! À moi! Fais-moi un bisou à moi! Je vais lui rapporter! »

– Non!

Il insiste. J’avance. Il me suit. 

– Demain, je lui réponds, quand je serai en mode intervention. Je vous ferai un bisou!

– Quoi tu es dans la police?

– I wish. Mais non, je travaille en garderie. Ce soir, je suis en congé, je ne m’occupe pas des enfants des autres!

– Quoi!? 

Oh! Ok! Tu ne veux pas! Donne-le à moi! Donne-le ici le bisou. Fais-le ici! Ouais c’est ça! Yo! T’es une salope!

4minutes. 2 pointes. 150 caractères. 1 coin de rue. 

Eh hop! On s’égare en égo, en intensité pis en insultes. 

De dream babe à bitch. 

À l’écouter je lui dois quelque chose…

Je suis à mi-chemin.

Fuite rapide? Secours? 

Que Nenni…
Seule sur une rue sombre avec le galant

Pleine de patience et peu confiante en mes kata, je m’arrête.

Je regarde le kid aviné dans les yeux.

Entk j’essaie de lui pogner le flou du regard…

Je ne le trouve ni drôle ni mignon. Il me gosse et commence à troubler ma quiétude. 

Mon arrêt sur image le déstabilise.

A défaut de mieux, pour passer le deux cent mètres qui reste, je me donne la mission d’éducation. 

Je lui demande alors, sévère comme une mère, calme et ferme en me retenant  de lui sucer un oeil ou de le frapper à coup de pointes, s’il sait ce que veut dire le consentement.

S’il a l’âge de changer lui même sa couche ou s’il faut que j’appelle sa maman pour qu’elle l’éduque et le ramène à la maison! S’il sait que ce qu’il fait est du harcèlement et s’il se rend compte que sa technique ne peut lui attirer que  plus de claques que de pipes.

Arrivée à destination, je monte l’escalier, soulagée de mettre fin à cette brève et désagréable échauffourée. Je cherche mes clés dans ma trop grosse sacoche. Je sonne chez mon amour endormi.

L’aviné morron, persiste et du bas de l’escalier, trainant sa blessure narcissique plus lourdement que moi qui essaie de lever un piano, au moment où je passe la porte, se met à crier, avec ardeur et romantisme: je vas te faire la passe, tout ça combiné à une incantation de gars saoul, puis dans une grande finale désenchantée, me rappelle: le karmaaaa te rattraperaaaa…

En 4 minutes, 2 coins. 2 pointes. Tout est devenu frett. 

la joke  grotesque et son attitude creepy.

Même si je suis à l’aise avec les edges, même si j’ai de la répartie et assez confiance pour éduquer à 03h du matin ou hurler des insanités à qui de droit en frappant sur un hood de char avec des tites ailes d’ange accrochées au dos ou en bûchant avec humour sur l’estime des jeunes fringants qui pensent qu’une formation en économie pis un pénis c’est assez pour que tu cours tunue vers lui en jouissant plus fort qu’une tortue qui zigne sur une chaussure, 

rendue sur le tapis de l’entrée de mon amour, qui ne comprenait rien à ma colère, en shakant comme une octogénaire su’l speed, l’appétit coupé avec la voix qui craque, 

j’ai encore ressentie cette putain de vulnérabilité. 

Et l’asti de peur. 

Celle qui te fait marcher, depuis tes 15ans, les mains sur tes clés avec l’assurance d’un bulldozer alors quand dedans tu feel peanut. Celle qui te fait hurler, quand un graineur arrogant te supplie de le sucer ou te suis en char en t’insultant, plutôt que pleurer, de figer parce qui parait que « dont dip in crazy » c’est l’truc. 

Avec les pointes tordues, dégrisée et agitée, je suis rentrée. En feelant mes quinze ans et toutes les filles qui n’y vont pas tuseule la nuit manger de pizz… 

Je suis rentrée deboutte avec la certitude qu’il faille, entre 8 et 21 ans, parler de manière explicite, en amont des fêtes pis des flirts, de relations saines, de consentement, de sexe pis d’approche digne sans dick pic. 

Parce que de remettre les prédateurs douteux à leur place, au bas de la chaîne alimentaire n’est pas toujours facile et s’en débarasser encore moins, il faut prévenir.

En attendant, que les hyènes dans les hall alpha se ferment la yueule, se ramassent le vice afin qu’on puisse circuler guillerettes et libres en souriant sans se soucier de devoir les gérer, 

je compte sur vous qui éduquez des garçons pour en faire autre chose que des bêtes affamées et pathétiques. Je compte sur pour que les hommes soient charme et alliés. 

Je compte sur vous pour rappeler à vos filles qu’elles n’ont pas à satisfaire un morron sur la maine ni un mononc aux mains longues et que c’est ok de leur en sacrer une, de faire des frette pis des malaises.

En attendant que ça passe, je compte sur nous pour que ça change. Parce que la pizz c’est meilleur chaud même à 3h du matin…

 
 
 
 
 
 
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Vidéo de catcall parodie, de Junkin Media ici,
En espérant que le consentement soit un jour, ou peut-être une nuit, le plus sérieusement du monde, autre chose qu’un # populaire et que le harcèlement de rue soit considéré comme un fléau qui existe pour vrai, qu’on peut enrayer, ensemble. 

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La famille oiseau

Lorsque nous mangeons le soir, fils I se concentre sur ce qui se trame à l’intérieur.

Entre deux bouchées trop grosses et un souvenir, il fixe le plafond en battant des bras pour classer les infos et les stimulis de sa journée.

Fils II et moi respectons son silence (…en parlant beaucoup beaucoup…ce qui limite la prise de parole des plus tranquilles, j’en conviens…)

Orrr, il y a peu…fils I a parlé en soupant. 😮
Beaucoup. Il a partagé des détails de sa journée. Des sensations.

Fidèle au poste, la face dans la sauce, j’ai braillé sans prévenir.
Il m’a souri et il a pleuré aussi.
Puis on a trié les excès en battant des bras…

On ne sait jamais les cadeaux qu’on reçoit quand on enfante.

Quand les caractéristiques de notre marmaille confrontent la norme, on a le choix en toutes situations de les voir crochus et de s’acharner pour les retordre à contre sens ou de nourrir leur unicité, d’ouvrir et…pourquoi pas de battre des bras pour célébrer les détails..

#BirdFamily
#ILoveSomeoneWithAutism

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