Archives d’Auteur: Annick

Je t’aime Suzanne…

Mon géant a la motricité fine d’un palmé.
Je le dis avec beaucoup d’estime pour les palmes, même si celles-ci sont moins pratiques pour dessiner ou tenir une fourchette… Son corps longiligne préfère les gestes vastes et gracieux aux p’tits mouvements délicats des doigts et ses bras d’oiseau sont spectaculaires quand il traite l’information émotionnelle ou sensorielle… Aussi, son coeur est un bonbon.
Pour faire du sens de ses créations, voire même de chaque apprentissage, sa motivation prend ancrage dans une relation et dans le don… Oui. Maël aime offrir. Des dessins, des poèmes, des bonnes fêtes, des tasses ou des assiettes. Beaucoup d’assiettes. Chacun•e ses kink…

Depuis un an, il s’est pris d’affection pour le personnage de Manu, joué par Suzanne Clément, dans STAT, quotidienne écrite par ma très prolifique, drôle et brillante amie Marie-Andrée Labbé… Ainsi, lors d’une – plus ou moins – récente virée au céramique café, de ses patouches tendres et maladroites, il a créé cette oeuvre utile…

Même si, selon lui, c’est un sacrilège que ma t’site bouche en coeur touche l’offrande qui ne m’est pas destinée : « oh!! Mère! Mais « Je t’aime Suzanne est sale! » et qu’avec tendresse et minutie, il l’astique comme s’il frottait les plis d’un bébé mou, j’aime voir trôner l’amour chez nous sur un piedestal « Je t’aime Suzanne ».
Cette phrase quasi quotidienne, presqu’aussi spontanée que « fait frett » en janvier ou « passe moi l’sel » à la pataterie, est devenue un genre de haïku qui raconte qu’on peut donner avec pas de calcul et sans attente. Donner pour vrai.

Pour tout ce que ça représente de persévérance, de douceur et un peu le funné-funk de la chose…cette tasse est désormais ma préférée.

Mais t’sais, Suzanne, si jamais, c’t’à toi pour vrai… Et promis elle est propre! Pis, s’il parait que le rouge bonifie l’arôme du café… j’pense que c’est l’amour qu’il a mis d’dans qui en améliore le goût…


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Kabukichō

Kabukichō est l’un des rares quartiers chaotiques de Tokyo. Bruyant. Coloré. Loud. Imparfait. Sale.
L’ado délinquant dans la ville parent parfait…

l’un de mes préférés 🖤

son nom vient d’un projet de théâtre kabuki qui n’a jamais été construit.
basta ce quartier ne manque de rien anéwé

désormais reconnu comme étant le hot spot de Tokyo avec ses love hotel, strip club, une rue consacrée au show casing des femmes qui vendent leur attributs et services sxu* et beaucoup de lieux cozplay semi clairs sur l’âge des personnes embauchées…et beaucoup de bars pour jouer au dards (damn… it’s a thing there!)

il y a dans ce hood, une petite rue – don’t underestimate le « petit » à Tokyo – qui, quand découverte, révèle une panoplie PHÉNOMÈNALE de bars miniatures empilés les uns sur les autres : le GOLDEN GAI.

de la taille d’une cuisine d’un p’tit 3 et demi sul plateau, chaque bar contient au plus fou de la fête 10 humain•es mais légalement hum…6 personnes, en pile, qui fument…

la coutume veut que tu jases à tout le monde en entrant, en te gérant pour ne pas avoir l’air ivrogne, fasses du bar hoping pour permettre à toustes de profiter du fun et que tu paies un cover charge d’environ 1000 yen aka 10 piasses…

nous avons adopté hum la moitié des règles… devinez lesquelles 😁

dans le bar de Jun, où j’étais assise su’ des bouteilles, Et neh ce n’est pas une métaphore!
en 11 min on était chummy avec tout le monde, ma petite laine prenait le bord et à tour de rôle, chaque pays payait des tournées de sake en chantant des tunes…

pauvre barman…en 37 minutes il voyait flou

plus la soirée passait plus notre Jun chantait fort de vieux hit rock cheez des années 90-2000. Jusqu’à ce que soudainement il hurle, en anglo-nipon – il y a, je confirme, une langue universelle du vomi – « je vais être malade! »

dans la seconde qui suivait, il re-crachait toutes ses toxines à un pied de ma pinte, drett dans son lavabo de service… juste avant d’enfiler, avec classe et deni, 1 autre shot de sake et de changer la chanson pour iin classique d ‘Avril Lavigne.

mis à part quelques defis mathématiques de la très approximative facture de nos consommations et
bien que les femmes soient encore davantage coincées dans des dynamiques patriarcales contraignantes et qu’il soit bien mal vu d’argumenter ou de dire non – mot qui n’existe pas dans les conventions langagières – on ne s’est pas gênées pour débattre avec sourire et fermeté autant que nécessaire avec notre hôte qui a fini par s’excuser de nous avoir chargé 10 shooter et 3 bières de trop…

sans rancune tho. dans la fougue et les excès qui s’attend à parfait…

évidemment parfois dans nos errances et voyages, la comparaison nous pogne au ventre et on se demande pourquoi ne pas s’inspirer davantage de ce que chacun•e fait de bien…


c’est fou comme on a beaucoup de pieds carrés pour chaque humain•e et commerces, souvent vides ici vs la quantité de personnes en situation d’itinérance,

notre usage de l’espace gagnerait à être repensé en s’inspirant de villes efficaces comme Tokyo (tout comme la sécurité, l’urbanisme, la propreté et le transport! Cette mégacité assure et innove nettement en ce sens et malgré la quantité folle de gens qui y vivent et circulent, c’est la 2e ville la plus sécuritaire au monde!).


être curieux•ses sans être creep de son voisin•e de siège est nettement plus chaleureux humainement que de se chercher des potes sur des appli et la conversation minimale comme règle de bienséance dans un bar me charme…


finalement, j’en conviens notre loi non fumeur est une bénédiction
Et NON devrait être universel et respecté partout…

mais t’sais…
tout aimée. tout pardonnée. te jure

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Sumo-poulet

« eh Annick sumo poulet ça te tente tu? » says no one ever sauf Martine! 😂

Spoiler alert : j’ai toujours tripé sur la lutte. J’étais petite et c’était ben le seul sport-théâtre que j’appréciais regarder avec mon père à la télé! (Eh! Il regardait même les dards! Juste y penser je m’endors encore et je préfère nettement regarder mes speaker jouer!)

Focus.

So, on a fini dans un dojo animé par Guy, le yobidashi et arbitre, un homme né à L.A absolument sympathique, un brin caricatural, complètement bilingue japonais-anglais amoureux fini de ce sport brutal et protocolaire. Selon la légende, on dit que cette forme de lutte était un entraînement militaire rigoureux devenu une danse rituelle pour célébrer les divinités shintoïstes dans les temples puis un sport/divertissement. La codification et les règles dateraient du 17e siècle… ça fait un bail ça mon Joe…

Bref, au Asakusa sumo club, Guy embauche des sumo en fin de carrière ou retraités de la compétition.

D’ailleurs, l’un d’entre eux, sumo de père en fils, allait bientôt vivre sa cérémonie danpatsu-shiki (adieu athlétique) en coupant son chignon. 25 ans de cheveux en buns lissés à l’huile et de lutte en mawashi (la couche-string portée par les sumo)

Le vibe autour du ring d’argile est absolument joviale, un brin didactique et bon enfant. Meuttons que la clientèle cible est néophyte et internationale (genre nous!) et que ça finit avec des combats contre des sumo-clients-vêtus-de-one-piece-peu-élégants.

Bien que mon idée initiale était d’aller sur le ring en finale et en bobette (il m’aurait sortie par une pichenotte j’en conviens!) j’ai choisi de me gaver de poulet frit (selon la croyance, manger du poulet aide les sumo à rester sur leurs pattes! J’ai honoré) et de continuer à hurler de rire! (Ils étaient comme 13 dudes à vouloir affronter les p’tits pan de murs! J’ai laissé leur orgueil shiner)

Pour vrai. Je pense que j’aime touttte au Japon, ville ostentatoire aux contrastes grandioses entre les polarités de la ville, la culture et l’humilité de son peuple et des traditions…

P.s on a fait une photo absolument ridicule avec le crew en finale. Si t’es smath. Je t’enverrai p’tête ça en carte de Nowelll…😂

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Quand le tribunal n’est pas juste…

Deux de mes ami·es d’amour ont créé deux magnifiques filles. Brillantes, lumineuses, solidaires. Une famille unie et aimante comme il s’en fait peu.

Aujourd’hui toutes deux des femmes, toutes deux marquées par une histoire dont elles auraient pu, auraient dû pouvoir se passer.

En 2020, l’ainée est désormais majeure. Elle est alors follement amoureuse d’un mec de 21 ans que la famille considérait comme l’un des leurs. Appelons-le XXX.

Une nuit d’hiver en 2020, alors que toute la famille dort, XXX blottit au sous-sol contre le corps de sa partenaire, soit la plus vieille des deux soeurs, décide d’aller, de manière insidieuse et discrète, retrouver la plus jeune des soeurs qui dormait paisible dans la chambre adjacente à celle de son aînée.

Réveillée par le poids d’un corps qui la touche et la pénètre, la cadette, alors âgée de 14 ans, endormie et confuse, prend peur et fige.

Lui sommant de ne faire aucun bruit et de ne rien dire, il jouit sur son ventre et quitte la chambre en voleur, laissant son corps avec les traces de son sperme et la violence de son passage qui, depuis 4 ans pollue chaque morceau de sa chair.

Après quelques mois de souffrance, dépérissement et de silence obscur, Y envoie sa fille rencontrer une psychologue. La psychologue convainc la magnifique de parler à sa mère…

L’adorable craque et raconte tout à sa mère en octobre 2020.
Dès lors, elles portent plainte.
XXX est arrêté.
L’enquête préliminaire a lieu en automne, ainsi que l’audience devant le juge.

Après moultes démarches et dépositions, des tonnes de questions, de professionnel·les, des mois de persévérance et une douloureuse audience : la plainte est retenue! Soulagement, on leur confirme qu’il y aura procès.

Depuis la dénonciation, trois ans ont passé! Ce trio de femmes et leur papa lion luttent devant l’absurdité, la nonchalance et la froideur du système.

En effet, depuis que la plainte a été retenue, le procès a été reporté, chaque fois, pour des motifs obscurs, à deux jours de préavis à TROIS REPRISES.

Chaque fois, non seulement la famille se mobilise, réserve une chambre dans un hôtel en ville, prend congé du travail et reprend le dossier. À chaque report, la jeune femme espère être entendue, vue et crue. Chaque date la replonge dans les dédales de sa souffrance et lui somme de reprendre les détails du viol que lui a infligé celui qui disait aimer sa soeur ainée.

Chaque report engendre un stress incommensurable sur la famille des semaines avant le procès. Toute cette attente empire la colère et nourrit le sentiment d’injustice.

Depuis les mouvements mee too, on soutient que le système fait ce qu’il faut pour protéger les victimes et qu’il est impératif de dénoncer les agressions dont une femme sur trois est encore victime.

Nous notons, toutefois, que le tribunal permet encore aux accusés d’utiliser les failles du système à leur propre bénéfice. Laissant les victimes, plaignantes et leur famille se démener pour tenir le coup dans l’essoufflement et l’interminable lutte pour obtenir un semblant de justice.

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P’tite prière du lundi :

À lire avec douceur et félicité…

Oooh toi majesté des maths et autres divinités rushantes des saintes fichues fractions et priorités d’opérations du calisse!

Je voudrais te dire que les maths de 6e année, j’ai touttt fait pour ne jamais avoir à les refaire deux fois. J’ai réussi simonacos de trinité du yab’ et j’avais sagement plus ou moins touttte oublié au profit de plein plein de tune pop apprises par coeur et stockées dans ma mémoire SANS chiffre… AUCUN! AUCUN CHIFFRE tu COMPRENDS?!

Ça allait ben dans mon déni…

Mais, j’ai oublié qu’en enfantant on était devant nos failles en isti! En plus, d’être sans prof et toute en autonomie devant l’arrogance du cahier frippé comme une centenaire qui décongèle, refaire le problème 33 fois avec patience et passion est aussi facile que de bouffer un san’wich aux clous tabarnachenik!

L’humain.e aux yeux de biche qui te supplie de trouver l’astifie de réponse de cul à sa devinette à trois parenthèses, à 18h avec le souper à broil et une tune de Céline latente sur le bord de la bouche du plus vieux qui s’accroche à son micro comme une infirmière à la promesse de ses vacances après 7ans d’heures supplémentaires, me fais sentir comme si, vraiment, toué la déesse des maths t’étais la plus vilaines des p’tites rancunières amères qui finissent TOUJOURS par nous r’trouver dans le détour.

Si je te pogne sainte gossante de la division, je te remplace en isti par des cours de langue, de citoyenneté numérique ou de socio-philo!

M’en r’tourne vieillir prématurément.

Signé. Moué pis mes skill attachants mais mathématiquement limités

Amen. Bout de viarge.

Sa majesté des maths…

jour 4

Embrase-mon corps de tes mots incendies
Aimons-nous plus fort que la douleur du monde
Vibrant.es et éternel.les devant l’absurde et l’indicible

Sur le bout de ta langue
enivré.es & incandescent.es
jouissons immobiles
hurlons sans crier

lancinant écho au creux de mon coeur indomptable
ta bouche, tes mots
partout à toi
sans forme ni matière
de verve en fougue
ta peau territoire à portée de mes doigts
sans toucher, j’écoute, m’égare
et abdique sans lutte
dans l’instant éphémère et fragile
sans heurt ni fracas
tout éclate et se révèle

Embrase-mon corps de tes mots incendies
Aimons-nous plus fort que la douleur du monde
Vibrant.es et éternel.les devant l’absurde et l’indicible

#NaPoMo jour 4


crédit essaie photographique : Sage Rebelle
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Peser nos mots, changer notre perception

Je suis ben émoustillée entre mois de la poésie et mois de l’autisme. J’en profite donc pour déposer un humble plaidoyer en faveur d’un vocabulaire respectueux et d’une reconnaissance positive de la neurodivergence!

– La neurodiversité : est un concept inclusif qui reconnaît la pluralité des fonctionnements cognitifs comme contributeurs à un écosystème. Comme la biodiversité. Ça veut dire qu’on est toustes inclus.es dans le concept : neurotypique, TDAH, autiste, handicap, trisomie et toutes particularités du fonctionnement neurologique et cognitif…

– Le concept met de l’avant l’idée qu’on a toustes notre place avec nos fonctionnement plus ou moins atypiques ou conventionnels. Comme dans la nature… Surprise! indissociables nous sommes…

– La neurodivergence : (nous permet d’apprendre et d’accéder à une perception distincte du monde! Mais ça c’est mon éditorial) c’est le terme à favoriser pour parler des fonctionnements cognitifs qui divergent de la norme (t’sais la norme! Cette base de référence à tendance hégémonique qui se positionne comme ze best shit à qui ressembler).

– On ne parle donc pas des personnes autistes ni toutes autres personnes ayant un fonctionnement cognitif distinct en utilisant le terme neurodiversité comme s’il leur était exclusif. On peut parcontre utiliser le terme neurodivergent.e précédé du mot « personne »…

– Neurotypique : est le mot à favoriser, plutôt que « normal » (qui sous entend que tout celleux qui se distinguent sont anormaux), pour parler des personnes qui ont un fonctionnement neurologique et cognitif plus typique.

Parce que personne n’est exclusivement son diagnostic et tout le monde aime être considéré dans son ensemble de couleurs.

– Finalement, de manière bien radicale, j’inclus ici mon souhait (cher père noël can you hear me!!?) qu’on élimine le mot déficience intellectuelle pour toujours lorsque l’on parle des personnes qui ont un hadicap intellectuel et dont les performances cognitives ne satisfont pas les test normy

Toustes diffèrent.es, toustes humain.es! Notre apport au monde est aussi humble, absurde que précieux

#Ensemble 💙

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l’enfant du refus global…

Aujourd’hui, est la journée de l’autisme, le mois de la poésie #NAPOMO et de l’autisme et récemment la semaine des personnes en situation de handicap.

Ni hasard. Ni fatalité.

Une journée parfaite de soleil enthousiaste pour faire fondre la crasse, la neige endeuillée de l’hiver qui faiblit et encore trop de préjugés sur la neurodivergence.

J’aimerais bien que tous les jours soient un printemps de célébrations et d’inclusion.

Quand mon géant était en gestation, j’avais rêvé de lui.
Il avait d’immenses yeux verts, des cheveux blonds et sa bouche longue et siphon s’attachait à mon sein pour toujours.

Je m’étais alors, je ne m’inventerai pas de vertu, réveillée en panique.
Aujourd’hui je sais que c’était une prémonition.
Je n’ai plus peur. Enfin. Presque.

15 ans ont passées. Ma relation au temps est particulière; fluide, impatiente parfois, ou molle comme les montres de Dali.
Bref, au fond, je n’ai aucune idée c’est quoi 15 ans, mais je sais de l’amour ces rencontres qui nous transforment et du temps, ce qui nous ancre en mieux, en nous pour vrai. Une track improbable et pis why not!?

La vie m’a fait confiance et confié les plus spectaculaires. Deux intarissables fougues dont les élans n’ont rien à envier aux grands vents.

Ma recrue, enfant feu de tous les possibles…

Et lui, un géant.
Un être entier, authentique, lumineux dont les couleurs dépassent toutes les lignes
le coeur à l’absolu et la tête ailleurs. Autiste et atypique

Lucide devant l’étrange,
l’immense
et l’horrible du monde dans lequel nos enfants à paillettes irradient quand même
je n’imagine nulle autre suite sans sa joie, sa musique forte, sa face d’intouchable, sa poésie impromptue et automatiste :

« Maman arabashnitanek! Je me sens un petit peu bien! Le grand voyage Esperanzbi! J’espère qu’il suffira d’un grand bonheur »

Désormais en paix avec ce fil infini qui nous lie et duquel il dépendra toujours un peu, moyen ou beaucoup,
sa petite-grosse main maladroite, jamais loin de ma joue,
je grandis avec ces enfants monuments que la vie m’a offert.
En colère parfois, en espoir surtout,
en souhaitant de nous, que l’on crée l’espace d’accueil nécessaire,
reconnaisse leur contribution au monde et que l’on regarde avec eux, elles, iels dans la direction des possibles
là où ensemble n’exclut plus jamais personne.

Je nous mets au défi d’accueillir la différence, comme il accueille la mer.

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base de 10 & mimosa : MERCI les profs !


A vous ami.es profs, ma soeur et surtout adorable communauté de École alternative Rose-des-Vents!

Accompagnée de deux magnifiques colorié.es, j’ai vu passer 9 années à Rose-des-Vents.

Chaque matin, je vous ai vu debout.

Dans l’ombre de votre routine, de vos propres défis et d’un soleil timide en ta’ au moins la moitié de l’année scolaire, avec votre san’wich, votre thermos, votre trajet parmi les cônes et un café pas fini qui refroidit dans votre main gauche…vous vous levez pour eux, pour elles, pour iels, pour nous.

Chaque matin, iels vous voient debout.

Entre deux tartines, une chaussette perdue et trop de pâte à dents échappée dans le lavabo par notre ado, entre Hochelag et Rosemont, on répète nos consignes en réchauffant avec amour des lunchs un peu mous quand arrive midi.

En posant nos fesses dans un char frett, on espère : être à l’heure, que notre recrue se rappellera de ses maths, aura son cahier bleu, ne perdra pas sa 7e paires de mitaines, respectera les autres sur la cours de récré, qu’iel vivra des joies et des illuminations pendant vos explications des verbes du troisième groupe…

Surtout, on espère, qu’iels aient envie d’apprendre, n’importe quoi, mais la curiosité assez fougueuse pour avoir soif de vos savoirs…

En se trompant, en ayant le vertige, en sacrant un peu en d’dans des bouttes, mais en ayant l’esprit ouvert, critique et l’audace de se jeter dans l’inconnu avec vous avec la même patience, bienveillance et persévérance que celles dont vous faites preuve.

Chaque jour, depuis des années, dans un système tordu comme les doigts de mémé, parmi des monsieurs en cravates dont les bottines ne suivent pas toujours les babines, vous vous levez et refaites les chemins moultes fois parcourus avec nos recrues pour les encourager à ouvrir les portes de leurs possibles.

Vous rêvez vos journées d’avance pour semer, dans la tête de nos enfants, l’envie d’apprendre et d’innover. Parfois, bien plus que derrière certaines portes closes, vous créez des classes familles, des bulles safe dans lesquelles vous leur donnez l’espace pour douter, questionner, penser et oser, se découvrir, s’apprendre, s’aimer et être elles, iels et eux-mêmes…

Les deux dernières années ont été rough. Si on vous disait merci autant de fois qu’on a douté des suites du monde et autant de matins que certain.es profs ont fait le chemin entre leur lit et Rose-des-Vents, on userait le terme pour des décennies…

En cette semaine des enseignant.es, à défaut de pouvoir vous payer à chacun.e des limo, des mimosas et de vous accueillir avec tambours et paillettes, on vous offre modestement mais avec amour des mots doux.

Pour tous ces matins,debout, malgré tout…

Pour votre créativité et votre engagement, pour tout ce que vous inspirez, pour les moments ou vous rassurez nos enfants mieux que nous et soutenez leur émancipation dans le chaos de l’existence, pour toutes les lettres, les exposants, les bases de 10, les groupes de mots, les projets, les rêves, les folies, les possibles.

pour cette p’tite ficelle qui unit nos familles à la vôtre par le coeur de nos merveilles, pour la chaleur dans le froid parfois,

souvent

et

beaucoup

MERCI

Classe des élèves autistes à l’école de mon géant, fête sensorielle en préparation (avant la pandémie)
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Conte: la naissance d’une petite étoile

La naissance d’une petite étoile est né d’une collaboration avec la dynamique et très débrouillarde Hélène Mc Koy de la Corporation d’animation des places publiques de Hochelaga-Maisonneuve, Petits Bonheurs, le talent de Zita et ma plume. Le souhait, créer, écrire et raconter aux petits et grands un conte d’hiver qui fait marcher 1km, ancré dans le bitume et notre patrimoine local.

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