Archives de Catégorie: Parmi les hommes

En miettes su’l trottoir…

Hier, j’ai croisé une femme, échevelée, en larmes…Ses miettes étaient ramassées près d’un parco qui attirait l’attention plus que sa douleur.

J’étais au téléphone. Je l’ai regardée en me sentant impuissante et j’ai passé ma route. Puis, 11 pas plus tard. J’ai vibré.

«Il ne suffit que d’une personne»

J’ai éteint mon cell.
J’ai rebroussé trottine et je me suis posée à coté d’elle sur l’asphalte humide, dans sa brume de bière cheap et son chaos de verbes…

Il a plu pas mal hier. Elle n’allait pas bien du tout.

En m’arrêtant, je n’ai rien changé dans la vie de cette fille. Elle ne voulait pas de mon aide éphémère ni de mes questions…je n’étais pas significative.

Elle est restée assise. Elle a sûrement beaucoup pleuré encore après mon départ et ma piasse n’a pas fait sa soirée…

Pendant 11 minutes nous nous sommes rappelées que nous étions humaines et que sa peine était entendue.

Je n’écris pas ceci pour culpabiliser l’inaction ni pour offrir de la visibilité à mon empathie…mon empathie se fout d’avoir un public. S’arrêter n’a rien d’héroïque. J’écris ce fragment de vie montréalaise banale parce que je nous sais souvent, devant la peine ou la violence, au fond du cœur trop volontaires et dans nos gestes trop immobiles. Nos interventions ont le droit d’être humbles, d’être discrètes ou maladroites…mais elles doivent, selon moi, être.

Des larmes aussi intenses ne devraient pas être vécues dans l’indifférence générale, peu importe la source.

J’avoue aussi que je sème ce que j’aimerais récolter; Si je me trouve par terre un jour, grise et mouillée, brisée et vulnérable à m’essuyer le désespoir près de vos chaussures à deux cent piasses: j’espère un peu, juste un tout petit peu, qu’une personne s’arrêtera pour ne rien dire, humblement, en acceptant qu’elle ne changera pas le cours de mon récit, simplement pour m’offrir sa compassion.

Peu importe les mauvais choix, les maladresses, les hasards louches…j’espère que je croiserai alors la personne qui éteindra son cell en s’asseyant dans un souvenir de pluie pour me rappeler que même pas chic et un peu crasse, j’existe encore.

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L’homme violon

L'homme violon

Patrimoine local.
Cet homme, Mark, a un violon qui grince, qui nous parle. On dirait même qu’il rassemble un peu la communauté. Bref, il m’inspire et me touche. Tous les jours, assis dans la petite roche ou sous la pluie, sous le soleil ou dans le métro, son violon retentit avec une passion sensible et déterminée. Constante. Des inséparables.

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Oh! Torrieux!
Je m’étonne de tant de désagréabilitudes me popant dans le cerveau!

Le trash soudain et joyeusement violent, émerge entre deux ouf, me quitte en fade out, me laissant parfois perplexe et riant seule dans la rue.
Je ne suis pas dangereuse et pas assez rude.

Enfin…

Simplement,
je suis un pinson assis sur un clou…

Comme j’ai le monopole du verbe dans ma zone grise, je pousse ma luck et me vide le « stupoche » dans le confessionnal.
Reconnaissons ensemble l’effet néfaste des « couillons en errance libre », sur le facteur bonheur.

Les couillons en errance libre sont les ambassadeurs de l’idotie sournoise,  les sublimes rep du taouin-isme évitable!
Et quand on les croise on se dit: mais-pourquoi-j’suis-pas-game-de-l’insulter-en-public…

Chaque jour je suis reconnaissante de côtoyer des gens géniaux, créatifs, engagés, brillants, adorables, généreux, inspirants.
Puis, bam!

J’en croise trois! Trois tatas qui m’inspirent.

Tata couillonne #1:
Une dingue trop blonde en voiture s’arrête à une tape su’a yeule de la poussette de mon fils.
Sa réaction: Elle rit!

Je lui crie: CE BB N’EST PAS UNE QUILLE JEUNE CONNE DE COURSE!!

Je ne connais aucune prise de kun fu, ni même un p’tit kata de débutant et je n’ai pas vraiment le tricep menaçant, mais touche un poil de « monsieur poulet » et je te fais une leçon d’origami avec ta face et un joli collier bio avec tes ongles de princesse!
(que je me dis, les larmes aux yeux…sans arriver à la menacer aussi bien que dans mon rêve)

Tata couillonne #2:

Alors que je suis à vélo, « conne inc. » me lance vigoureusement son reste de coca-en-carton par la fenêtre de sa voiture…je crie en avalant des mouches. Elle ne se remettra jamais en question et n’a aucune idée que je me suis pris ses glaces fondues plein la gueule ET que la ville n’est pas son trash bin!

Tata couillon #3:

Zoufi dit « un voisin » dégage son parterre, au balai (fort bien! oui! ce n’est plus de l’eau! Il y a évolution de l’homme!)
Mais, oh! comble de la cohérence, il nous dépose gentiment ses indésirables sur le trottoir…joli!

#Tata voleur:

Une attaque en série sévie dernièrement à Montréal.
Avez vous été sélectionné par le collectionneur de bac de recyclage!?
Je sais que Odile, Claudia et Marie-Andrée (pour leur donner un nom fictif…) se sont confiées publiquement, sans masquer leur voix…

Nous avons aussi été élus. Notre bac-vert-gratis-avec-notre-adresse-dessus-et-des-dessins-enfantins a été volé…

Vraiment?
J’espère que c’est pour te clancher la cote Sherbrooke version crazy carpet et pas pour faire chiller ta papetterie! Bébé! C’est gratis à l’éco quartier!

Par chance,  les tatas sont moins nombreux que le magnifique que je cumule avec les humains adorables dans ma vie, ces p’tits bonheurs, ces amours fous et grandes inspirations…
Et c’est avec ces quelqu’ irritations et vos faces qui rient de mes chires, je cultive ma ride du bonheur…

Cultiver sa ride du bonheur…

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