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Quand le tribunal n’est pas juste…

Deux de mes ami·es d’amour ont créé deux magnifiques filles. Brillantes, lumineuses, solidaires. Une famille unie et aimante comme il s’en fait peu.

Aujourd’hui toutes deux des femmes, toutes deux marquées par une histoire dont elles auraient pu, auraient dû pouvoir se passer.

En 2020, l’ainée est désormais majeure. Elle est alors follement amoureuse d’un mec de 21 ans que la famille considérait comme l’un des leurs. Appelons-le XXX.

Une nuit d’hiver en 2020, alors que toute la famille dort, XXX blottit au sous-sol contre le corps de sa partenaire, soit la plus vieille des deux soeurs, décide d’aller, de manière insidieuse et discrète, retrouver la plus jeune des soeurs qui dormait paisible dans la chambre adjacente à celle de son aînée.

Réveillée par le poids d’un corps qui la touche et la pénètre, la cadette, alors âgée de 14 ans, endormie et confuse, prend peur et fige.

Lui sommant de ne faire aucun bruit et de ne rien dire, il jouit sur son ventre et quitte la chambre en voleur, laissant son corps avec les traces de son sperme et la violence de son passage qui, depuis 4 ans pollue chaque morceau de sa chair.

Après quelques mois de souffrance, dépérissement et de silence obscur, Y envoie sa fille rencontrer une psychologue. La psychologue convainc la magnifique de parler à sa mère…

L’adorable craque et raconte tout à sa mère en octobre 2020.
Dès lors, elles portent plainte.
XXX est arrêté.
L’enquête préliminaire a lieu en automne, ainsi que l’audience devant le juge.

Après moultes démarches et dépositions, des tonnes de questions, de professionnel·les, des mois de persévérance et une douloureuse audience : la plainte est retenue! Soulagement, on leur confirme qu’il y aura procès.

Depuis la dénonciation, trois ans ont passé! Ce trio de femmes et leur papa lion luttent devant l’absurdité, la nonchalance et la froideur du système.

En effet, depuis que la plainte a été retenue, le procès a été reporté, chaque fois, pour des motifs obscurs, à deux jours de préavis à TROIS REPRISES.

Chaque fois, non seulement la famille se mobilise, réserve une chambre dans un hôtel en ville, prend congé du travail et reprend le dossier. À chaque report, la jeune femme espère être entendue, vue et crue. Chaque date la replonge dans les dédales de sa souffrance et lui somme de reprendre les détails du viol que lui a infligé celui qui disait aimer sa soeur ainée.

Chaque report engendre un stress incommensurable sur la famille des semaines avant le procès. Toute cette attente empire la colère et nourrit le sentiment d’injustice.

Depuis les mouvements mee too, on soutient que le système fait ce qu’il faut pour protéger les victimes et qu’il est impératif de dénoncer les agressions dont une femme sur trois est encore victime.

Nous notons, toutefois, que le tribunal permet encore aux accusés d’utiliser les failles du système à leur propre bénéfice. Laissant les victimes, plaignantes et leur famille se démener pour tenir le coup dans l’essoufflement et l’interminable lutte pour obtenir un semblant de justice.

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