La famille oiseau

Lorsque nous mangeons le soir, fils I se concentre sur ce qui se trame à l’intérieur.

Entre deux bouchées trop grosses et un souvenir, il fixe le plafond en battant des bras pour classer les infos et les stimulis de sa journée.

Fils II et moi respectons son silence (…en parlant beaucoup beaucoup…ce qui limite la prise de parole des plus tranquilles, j’en conviens…)

Orrr, il y a peu…fils I a parlé en soupant. 😮
Beaucoup. Il a partagé des détails de sa journée. Des sensations.

Fidèle au poste, la face dans la sauce, j’ai braillé sans prévenir.
Il m’a souri et il a pleuré aussi.
Puis on a trié les excès en battant des bras…

On ne sait jamais les cadeaux qu’on reçoit quand on enfante.

Quand les caractéristiques de notre marmaille confrontent la norme, on a le choix en toutes situations de les voir crochus et de s’acharner pour les retordre à contre sens ou de nourrir leur unicité, d’ouvrir et…pourquoi pas de battre des bras pour célébrer les détails..

#BirdFamily
#ILoveSomeoneWithAutism

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Savoir accueillir…

Dans la nuit du 17 juillet, un grand jeune homme mince, furtif et délicat est entré chez moi par effraction. (encore!)

No VIP pass. No invitation. No password! No nada.

Les chambres de mes petites utopies étaient vidées de leur contenu, entreposé dans la mienne pour cause de « peinture rose-fraiche et peinture turquoise-rafraîchie ».

Mon matelas était donc posé à l’étage pour la semaine de rénovation infantile. Parmi l’amas de touttt ce qui débordait, je somnolais comme un bébé allaité quand, vers 03h30, on entra dans mon salon (en fait, l’intrus a presque posé un pied sur le jarret de mon monsieur tant le matelas fusionnait avec la porte!).

Heureusement pour bibi, notre présence a compromis son enthousiasme et il est passé par dessus le mur de béton dans une enjambée olympique; le temps que mon coeur fasse un peu d’arythmie, assez pour me booster d’adrénaline pour les semaines à venir. 

Ainsi, depuis plus d’une semaine, malgré le fait que je sache rationnellement que ce n’est pas plus dangereux maintenant qu’il y a un mois, je dors avec un oeil ouvert. Je veille comme une maman ours, barreaux aux fenêtres, batte de baseball et cell à la main.
Prête à fesser comme une furie sur quelconque aléatoire intrusif.

Quand la ligne imaginaire de notre sécurité est transgressée, on a l’instinct furex et le territoire irritable. Faut donc pas chercher le trouble…

Hier, donc, soit 10 jours plus tard, je m’endormais tardivement, quand vers 01h15, j’entends la «pile de bruits», que j’ai placée devant ma porte d’entrée, faire une translation grinçante sur la céramique…

En termes clairs: «Ciboire! Quelqu’un ouvre ma fucking porte!»

Myope. Prompte. Maternelle. En apnée ET affolée, je bondis sur mon kit de wanna be walkirie d’Hochelag et monte mon escalier vers la source du bruit deux marches à la fois en hurlant aouiiiioooooh! Prête à je ne sais pas quoi comme kata louche…

Après une série de cris s’apparentant à une ambulance, l’intrus dit, avec un accent plutôt sexy, une voix rassurante et les mains en l’air: « Annick! Mais Annick! »

Je lui lance mon cell (zéro menaçant!) et me jette dessus.

Monsieur!?
Mon monsieur!!

Mon monsieur était débarqué en surprise! Sans préavis.

J’ai donc perdu 2lbs de stress, testé mes réflexes primitifs et confirmé qu’en cas de face à face avec un loup, ce n’est pas mon Boudha-intérieur qui prend le contrôle…

Ainsi, ce matin, fils II m’a demandé avec un air troublé: pourquoi j’avais crié comme une ambulance durant la nuit et si j’avais assommé un voleur…

Question d’arriver à dormir et pour éviter que mon monsieur ou une amie qui a les clés se retrouvent la face en sang, je pose une alarme et reprends la méditation…

Toutefois, si vous croisez le furtif du village, suggérez-lui gentiment qu’il cogne avant d’entrer chez nous et qu’il amène de la bière…pas sûre qu’il veut rencontrer mon personnage nocturne de mère affolée…

#HotMess
#DorsBBMomanVeille

namasté caliss

Cette oeuvre hilarante est créée par l’artiste:  Ana Roy

 

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Fière comme une mère

Je travaille avec Martine Asselin sur un projet documentaire transmédia:
Les Pieds en Haut

Les Pieds en Haut est un pèlerinage;
Une opportunité de voyage à la fois humble et ambitieux, une incursion dans la perception sensorielle de nos enfants par le biais de témoignages que nous colligeons et réinterprétons avec un biais artistique en réalité virtuelle!

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Messieurs les sinistres libéraux

En 2016, de manière non partisane et quasi systématique, j’ai participé à tous les panels, tournages et points de presse politiques auxquels on me conviait et auxquels il m’était possible de me joindre.

Depuis la réélection des libéraux, les coupures dans le système public sont arbitraires et désormais courantes. On se targue, là haut, chez les bruns, de surplus en faisant des économies misérables sur le dos des personnes les plus vulnérables et en affaiblissant le filet social qu’on a choisi de tisser collectivement depuis plus de quarante ans.

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Bonheur à la frontière

Mercredi est jour d’école à la maison et surtout jour de transition entre chez papa et maman pour mes fougueux.

La traversée de la frontière est souvent accompagnée de fébrilité, de larmes que j’étouffe dans un sourire ou que j’essuie doucement en bouffant les joues parfaites de mes deux petites utopies.

Nous nous quittons chaque fois, après une série d’immenses câlins,  en formant des cœurs avec nos doigts et en traçant des coeurs sur nos poignets, qu’on remplit ensuite de bisous. Pour les urgences. Pour la semaine.

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UN VILLAGE

« Ça prend tout un village… » Pour réussir l’inclusion.

Et c’est ce qui rend l’exercice si magnifique!

Fils I: Joyeux petit personnage d’amour et de frisous vit la 1ère expérience d’inclusion d’un enfant autiste en classe régulière à l’école alternative Rose-des-Vents.

Chaque jour, un enfant choisit de passer la récréation avec lui afin de vivre un succès social réciproque.

– Est-ce toujours facile?

– Non! répondent-ils!

– Pourquoi le faites-vous?

– Parce que je l’aime Maël! Je veux qu’il joue avec nous! Pas qu’il reste tout seul! Parce que c’est important de l’aider maintenant pour qu’il réussisse plus tard!

– Tu apprends quoi, toi?

– J’apprends à être son ami. J’apprends c’est quoi l’autisme!

Ils ont 7 et 8 ans.

Ils comprennent le sens, les bénéfices et l’enjeu.

Si. Seulement…

Plutôt, que d’être étouffé par des atrophiés-du-possible-aux-incohérences-comptables, notre projet de société était propulsé par des enfants…ou enfin des politicienNES grandEs, immenses comme eux.

Si seulement on s’aidait doucement.
Ensemble un peu.

*****

Note:

La poursuite de cet espoir d’une éducation inclusive cohérente à la politique instaurée en 1999 est compromise par les coupures actuelles en éducation.

Investissons en éducation!

Investissons dans le potentiel des enfants au cheminement atypique!

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#Ensemble

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Le paradoxe du nouvel an; proutte de bedaine et autres souhaits!

Si 2015 avait une face et des bras, je lui offrirais un collier gossé avec quelques-unes de ses dents et, après lui avoir fait une scratch dans l’oeil avec une feuille de papier, je lui dirais, avec un peu de recul, un filet de maturité et de la vraie gratitude:

Bah! Enwoueille ti-caille, viens là: MERCI!

Les petits mouvements de l’âme et les grandes exubérances n’impressionnent pas le temps qui passe…

On a de ces luxes, le nez dans notre court terme…

Nope on n’a pas le contrôle sur tous les facteurs externes qui frappent et agitent notre rêve d’eldorado et oui certaines expériences s’alanguissent et tracent.

On l’a sur ce que l’on choisit d’entretenir, sur le petit moi.

Nous sommes égoresponsables; Nous ne sommes ni lisses, ni intouchables.

On a le contrôle sur notre capacité à nuancer, slaquer du colorectal et à rire de nous-mêmes, à  puiser dans nos maladresses pour faire pousser des opportunités et grandir des relations; desfois par courage, mais surtout par humilité, amour; de soi, des autres et de l’essentiel.

Par amour du vivant.

Ainsi, pour la toute fraîche année:

Je nous souhaite:
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Il préfère les talons hauts

Dans nos têtes de grands, il y a un temps pour le jeu, un temps pour la vie.

Or, dans la tête de nos petites utopies, ces frontières n’existent pas.
La vie est un jeu.

Je suis une maman Peter Pan.
Un pirate qui fait son possible dans le grand remous du quotidien.

On me le me reproche souvent d’ailleurs; de trop et de ne pas assez.

Trop de questions. Trop de doutes. Trop d’amour. Trop agressive. Trop sensible. Trop de mots. Trop d’énergie. Trop brute. Trop têtue. Trop intense. Trop d’imagination…

Trop. Annick, c’est trop.

On dit que la pomme ne tombe pas loin de l’arbre…

Quand je portais mes fruits, je me caressais la peau du nombril comme on flatte la lampe du génie en répétant « je souhaite générer des punk, des audacieux, des entêtés, des différents, des esprits libres!»

Mes fruits sont tombés.
Ils sont indéniables. Vivants, bruyants, imparfaits, surprenants, hors normes.

Crédit, Sage Rebelle Photo
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Je porte fièrement mon t-shirt I love weirdos 😉

On est donc trois trop. Chez nous, malgré les heurts et le bruit, on a ben du fun et on fait pas mal de miles sur les réflexions que notre triangle stimule.

On médite beaucoup sur la norme et les réflexes arbitraires de catégorisation, les étiquettes.

Ainsi, en plus de mon attachant petit poète aux bouclettes sucrées, enfant autiste, j’éduque une princesse-goaler qui botte des culs, des stéréotypes et tous les concepts du genre des jeux.

Que les géants du marketing séparent les intérêts des enfants par couleurs gars-fille, chez nous, depuis toujours, on s’en bat le moignon et on fait ce qu‘on veut.

Laisser son héritier masculin jouer avec des légos roses et quelques froufrous en privé peut, peut-être, encore passer pour plusieurs. T’sais si ça reste anecdotique et qu’il tripe quand même sur les camions…

Entre deux haussements d’épaules qui se veulent détachés, on investit quand même plein d’espoir que cet intérêt pour les couleurs de fille ne fera pas de lui une fifi qui tripe su’l ballet et on se surprend à pousser quelques blagues qui nous rappellent que 2015 n’est pas si loin de 1950…

Or, mon fils s’habille en princesse, parfois en fille (aux goûts douteux!) et oui, il sort de même.

Et dont mess with my princesse

Pour rassurer les gens qui parfois le toisent avec un regard oscillant entre perplexité : «tu laisses sortir ton fils de même?» et admiration «oh! Il est mignon! Bravo de ne pas vous en formalisez», je leur dis que je ne suis même pas inquiète. Qu’il est encore petit. Qu’il y a de forte chance que ça lui passe et sinon ben basta! Il saura que sa famille n’est pas répressive et qu’il a le droit entier d’être lui, tout lui!

Humblement, surtout, je n’en sais rien. Je ne sais pas si ça lui passera. Et n’espère rien non plus. Je lui souhaite le meilleur et la totale et agis en fonction.

Même si je sais ben, que si vraiment mon fils est une fille ou une princesse pour toujours…il ne l’aura pas facile…

Mon fils s’habille en princesse depuis lurette, il aime se coiffer comme une fille, il préfère les chaussures à talons qu’il salit dans la bouette, il se fout des standards, des regards. Ses comportements sont ouverts, non genrés…hors normes et plein d’arrogance affirmée et libre.

Même si je lui explique que techniquement, il n’est pas une fille, que je lui présente les faits, je lui laisse l’espace pour être, explorer. Alors, fils 2 maintient son propos et nuance :

«Maman, dans mon corps je suis un garçon, dans mon coeur je suis une fille.»

Je trouve cet équilibre sensible et magnifique.

Nos enfants se construisent en observant, en s’opposant, en créant et osant. Bien plus qu’avec nos mots, ils apprennent par la cohérence de nos gestes et l’alignement de nos valeurs.

Ils arrivent à coeur ouvert dans le monde qu’on leur offre et leur vision se teinte de nos peurs, nos valeurs, nos vieux bagages et nos balises de grands qui perdent du souffle dans la côte.

Ainsi, si je me fie à l’héritage naturel de ce petit paquet humain que mon utérus a gossé, je n’ai pas à lui enseigner l’ouverture. Il est sans à priori et ouvert.

Pour rester vivante et parce que mes fils m’offrent chaque jour l’opportunité de décapiter des réflexes de protection inargumentables, je leur laisse le loisir de me confronter.

Ainsi, pour tester la cohérence entre mes élans lyriques et ma siiii vertueuse ouverture, sur le terrain, mon fils a choisi, en guise de chaussures estivales, «des petites chaussures de filles». À l’achat, alors que j’ai chocké pour des typiques sandales bleues, j’ai réfléchis et me suis fait ce pacte : En lui offrant support et explications, je me promets de laisser, au maximum, libre cours aux excentricités de mon fils. Dans l’espoir de calmer mon anxiété maternelle pour la suite du monde je n’imposerai pas à son éducation les stéréotypes qu’on m’a inculqués, j’accepterai de poser un regard nouveau sur le genre et oserai avec lui transgresser des frontières et vivre avec certains malaises.

Le jugement d’autrui il y sera exposé de toutes manières, aussi bien saisir l’opportunité de lui enseigner à le confronter ou à s’en battre les couilles maintenant.

L’identité de mes enfants n’est pas définie par leurs choix d’activités, les couleurs, les jeux qu’ils préfèrent et les vêtements qu’ils portent. Leurs choix ou personnalité actuels ne sont pas immuables.

Je sais que mes enfants changent et tous les jours je leur laisse le loisir de se réinventer.

Genrer est céder à la peur irrationnelle de non conformité et c’est offrir cette peur de la différence, de l’audace en héritage à ses enfants.

Malgré que oui, un certain trouble lié à l’identité et aux stéréotypes existe en moi, je refuse qu’il soit moteur de leur éducation.

Ainsi, désormais, quand quelqu’un demande pourquoi il est habillé en fille, parfois mon fils ne se retourne pas et je le laisse tranquille, mais parfois, je redirige la question.

Et il répond alors comme un chef :

«Parce que j’aime ça!» dit-il en poursuivant son chemin.

Ainsi, quand je vois ce fils se tenir debouttt du haut de ses presque 4 ans en enfilant sa robe, ses talons pour aller jouer au hockey et affirmer ce qu’il aime, ce qu’il veut en se foutant pas mal des attentes et des petits malaises des autres gars de la ruelle, je me rassure.

Je me répète qu’il a du culot pour tout ceux qui baissent les yeux, que tout est parfait et malgré l’incertitude, j’apprends.

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Les cordes sensibles, hommage à l’Homme Violon

Mark est un musicien de rue.

Il vit dans des chambres louches, des lieux miteux et se retrouve souvent dans la merde. Il vit avec son coeur, une paire de chaussure, quelques vêtements et son violon.

Mark est une bonne personne, joyeux et passionné. Il joue sans relâche, des heures durant et même sous la pluie.

Il est semi voyant…presque aveugle en fait.

Quand, en échange de ses notes inlassables, on lui  donne un peu d’argent, il ramasse tout rapidement. Il ne laisse jamais briller les piasses dans son case ferme et usé; trop habitué à se faire voler…

Et il continue, sans répit, les yeux tournés vers l’intérieur, à faire chanter son précieux et vibrer sa passion.

Quand on lui demande candidement : «Pourquoi tu joues du violon dans la rue?»
Il répond avec un sourire qui ne s’achète nul part : «Parce que j’aime çÂ! J’aime ç jouer du violon»

Aujourd’hui, alors qu’il jouait encore sous un ciel intermittent bonheur-malheur, fils II s’est approché. Il a offert quelques pièces à Mark pour ses mélodies et ils ont fait connaissance. Sans à priori. Sans vraiment se voir. Ils ont jasé.

Puis, surprise! Mark a tendu son violon à ma petite utopie de 3 ans! Durant 20 minutes, il a prêté ce qu’il possède de plus précieux…la seule chose à laquelle il ne tienne vraiment et a enseigné à fils II comment tenir et glisser l’archet sur les cordes restantes de son instrument.

Je suis restée assise à quelques pieds d’eux et je leur ai fait confiance.

L’homme violon a, aujourd’hui, enseigné bien plus que la musique. La bonté n’était pas de payer Mark, mais de recevoir autant, avec autant de générosité, d’un homme qui ne possède que ce violon ayant tout vu, tout vécu.

Je sens aussi que fils II a ressenti que la passion est moteur. De tout. Que cette passion-certitude qui te part du vibrant peut être suffisante pour te garder malgré toutttt la marde que la vie peut te garrocher, envers et contre tous, vivant…

Divers et ensemble. S’ti que oui! Gratitude sur le bitume.

POésie de Bitume

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L’AUTISME, SOUS UN ANGLE DIFFÉRENT…

ENTREVUE SALUT BONJOUR

Afin de démystifier l’autisme, lui rendre l’humanité de son visage et la sortir des stéréotypes, une exposition à grand déploiement est réalisée par le talentueux et sensible Jacques Nadeau, photojournaliste au Devoir.

En collaboration avec Qc Sciences et divers partenaires, une trentaine de photos seront projetées dans toutes les stations du métro de Mtl et se promèneront ensuite à travers le Qc.

Le 2 avril, journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, Jacques et moi avons eu la joie d’être reçus par Gino Chouinard à Salut Bonjour pour parler neurodiversité!

«Différent, ça ne veut pas dire moins bon, ça veut dire pas pareil…»

Cliquez ici pour voir l’ENTREVUE

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